"Approximate"
translation in English

Première série nationale du Laos,
émise le 13 novembre 1951.

Je remercie Mario GONZALEZ pour ce remarquable et patient travail de recherche philatélique
sans oublier Didier CABIDDU. pour sa collaboration et son aide précieuse.

 

Jusqu'en 1951 le protectorat du Laos utilisera les timbres d'Indochine commun pour la plupart à la Cochinchine, au Tonkin, à l'Annam, au Cambodge et au Laos; voir l'ouvrage " Quand les classiques de France et des ex-Colonies françaises nous sont contés..." par les éditions Timbropresse.
À partir de 1893, la France commence à installer les premiers bureaux de poste à Khong, Khone et Bassac.
Dès 1895 l'ensemble du Laos est couvert par le réseau postal.
Le premier timbre à date connu au Laos est de 1896, (sources Desrousseaux).


Le 13 novembre 1951 le Laos se dote de ses premiers timbres nationaux.

Cette première série compte 12 vignettes. Quatre sujets ont été retenus, "Le Mékong" (trois valeurs), "La pagode royale Vat Xieng Thong à Luang Prabang" (trois valeurs), S.M. Sisavang Vong (une valeur) et "Le that Luang de Vientiane" (cinq valeurs).
Sur cette série est portée la mention "Union Française" en toutes lettres.

Dans le numéro 50 de Philao un article, « Épreuves lao », tentait de donner un élément de réponse sur les maquettistes et les graveurs de la première série nationale du Laos émise le 13 novembre 1951 et numérotés un à douze chez Yvert & Tellier. Grâce aux documents d’André Roland nous pouvions attribuer la paternité des quatre types de cette série aux graveurs :


Paul Dufresne pour les N° 1 à 3


 


René Cottet pour les N° 4 à 6



Jean Pheulpin pour les N° 7 et 9 à 12




Pierre Gandon pour le N° 8

Fiche signalétique de la série:
Émission du 13 novembre 1951
Impression:
TD3 (taille douce trois couleurs)
Imprimeur:
Atelier du Timbre, boulevard Brune à Paris.
Dentelé:
13
Timbres par feuilles:
25
Tirages :
300.000 timbres par valeurs sauf pour le 2$, (tirage inconnu), qui n'eu qu'un seul tirage et est plus rare que les autres vignettes ce qui explique son prix beaucoup plus cher.
Destructions:
17.500 pour le 3$, inconnue pour les autres valeurs.
Date de retrait :
Inconnue.
Le signe $ exprime un "signe monétaire", dans notre cas il traduit des Piastres divisées en 100 cents (ou centièmes).

Comme aucune signature ne figurait sur les timbres, le ou les maquettistes restaient inconnus. Il était généralement convenu d’attribuer ces maquettes à Marc Leguay par déduction, d’ailleurs hasardeuse. Francis Benteux, auteur de « Marc Leguay - Peintre du Laos », lors de sa deuxième rencontre avec le peintre, juste avant sa mort, avait posé la question de sa participation à cette première série. Il avait, alors, affirmé qu’il n’était l’auteur d’aucune de ces quatre maquettes.
Nous en venions, André Roland et moi, à déduire que les graveurs avaient travaillé d’après des clichés photographiques.

Dans l’article de la page 22 de Philao N° 55 je démontrais les concordances entre les vignettes non postales du carnet édité par le Gouvernement Général de l’Indochine et trois des types de la première série nationale du Laos.

Je faisais la remarque suivante : « Il reste possible que les vignettes soient tirées de photographies de livres édités sur l’Indochine. Il serait intéressant que les adhérents qui ont ces vues reproduites sur des ouvrages nous fassent part de leur découverte. »
Aucune manifestation des lecteurs de Philao ne m’a permis de publier de nouvelles découvertes sur ce sujet à ce jour. Nous le savons, si la recherche systématique nous permet d’avancer dans nos recherches, le fruit du hasard est souvent révélateur.
Il y a peu, en parcourant le site de vente ebay, la photo, peu visible, d’un ouvrage attirait mon attention.

Ce livre, « L’INDOCHINE FRANÇAISE » par René THÉRY (1) , après l’avoir acquis, me permet d’avancer de nouvelles remarques qui devraient conclure la recherche de l’origine des maquettes de cette série, en tout cas pour le premier type, c’est à dire les numéros un à trois.
En page 28 de l’ouvrage la planche III reproduit une photo qui est l’exacte réplique de la vignette non postale présentée sur la page suivante.


Le doute sur l’origine de la maquette de ce timbre n’est plus permis. C’est bien cette photo qui servit de modèle au graveur Paul Dufresne pour réaliser son poinçon. Cette photo nous dévoile les parties haute et basse tronquées sur la vignette non postale.
On devine en bas à droite une palissade qui délimite un terrain. De plus, dans ce livre, il est noté que les photographies proviennent de l’Agence Économique du Gouvernement de l’Indochine. Il est donc possible que les autres types de cette série, à part celui du Roi, aient la même origine et que l’on puisse retrouver les deux autres photos qui ont servi de modèle à la gravure des types du Vat Xieng Thong à Luang Prabang et du That Luang de Vientiane. Dernier détail croustillant Vous pouvez remarquer que la photo porte la légende :

Les rives du Nam—cau dans le Haut Laos.


Recherche faite je n’ai trouvé aucune rivière de ce nom là au Laos. Il est évident que la lettre « U » de Nam-Cau a été retournée ce qui, rectification faite devient la rivière Nam-Can dont l’embouchure se jette dans le Mékong et forme la langue de terre sur laquelle est bâtie la ville de Luang Prabang.



Ceci fait que le timbre comporte une erreur monumentale puisque son titre devrait être :
« La rivière Nam-Can » et non, comme sur le timbre « Le Fleuve Mékhong ».
En guise de conclusion je dirai que les timbres lao ont encore bien des secrets et qu’il est passionnant de les dévoiler.

Mario GONZALEZ


(1) Édité par « LES EDITIONS PITTORESQUES »,
distribué par la Librairie PAUL DUVAL.
1931 – 220 pages.