LE GAUR

Article du n° 12 de PHILAO ( avril 1975)

Les animaux du LAOS




( Bos Gaurus, ou Bisos Gaurus ) par Henri MELLE
Timbre Av n° 73



Cet animal est de loin le plus grand et le plus dangereux des bovidés existant au Laos, et dans toute l'ex-Indochine . On le dit même le plus grand et le plus beau du monde. Il atteint fréquemment, et passe parfois, deux mètres au garrot, et pèse souvent plus de 1500 kilos. Il a la silhouette caractéristique du bison, avec toutefois le poil plus rare, noir chez les adultes et roux noirâtre chez , les jeunes. Le bas des jambes, au-dessous du genou,est d'un blanc jaunâtre. La tête, également, porte souvent des poils jaunâtres. Il vit de quinze à dix huit ans .



Habitant de préférence montagnes ou collines boisées, il ne descend aux pâturages de plaine qu'en saison des pluies et le plus souvent la nuit. On le rencontre de la frontière de Chine à celle du Cambodge et de l'Annam au Mékong. Il est toutefois plus accessible dans le Sud que dans le Nord en raison de la nature des terrains et de la végétation.
Le gaur donne une impression de puissance et de force extraordinaire. Il charge avec une rapidité incroyable et sa vélocité est remarquable. S'il n'a pas la vue perçante, il est doté d'une ouïe et d'un odorat très développés. Bien que vivant fréquemment en solitaire on le trouve souvent à proximité des troupeaux de boeufs et de vaches sauvages, où il trouve des femelles à sa disposition pour la période du rut. Cela ne va pas sans luttes effroyables avec les mâles du troupeau, et il en sort quelquefois meurtri, déchiré, lardé de coups, mais chaque fois vainqueur en raison de sa force et de sa résistance (1)
Le gaur met en fuite non seulement le tigre mais aussi 1'éléphant. Son frontal, son dos, son cou, sont rendus luisants par une sécrétion huileuse qui dégage une odeur très prononcée et qui permet à la bête de se glisser presque impunément dans les fourrés. Certains indigènes du Bas-Laos prétendent même que le gaur mange des serpents, que sa seule vue galvanise et apeure en insensibilisant leur venin (?)
Dans le Bas-Laos, à la limite du Cambodge, des Khas portent sur eux, comme amulettes, des petits sachets de cuir contenant des poils de gaur, lesquels auraient paraît-il- la propriété magique de faire fuir les reptiles.


Henri MELLE


(1) C'est peut-être une des raisons qui font que l'on rencontre parfois une variété de boeufs sauvages qui pourrait provenir du croisement du gaur avec le "banteng".


Cette espèce, très nombreuse du Cambodge, se trouve également dans le bas- Laos et même jusqu'à hauteur de Vientiane. Elle est inexistante dans le Haut Laos.

 

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