La musique au LAOS


Au Laos plus que dans tout autre pays d'Asie, la musique est partie intégrante de la vie quotidienne et y occupe une place importante. Chaque village le plus petit soit-il, possède son orchestre, ses joueurs de khêne et ses danseurs, qui s'emploient en toute occasion : fête rituelle ou religieuse, événement heureux ou malheureux, à créer une atmosphère de joie, à scander la marche d'une procession, à régler les différentes figures des ballets, à accompagner les danseurs.
Lorsque l'on connaît la prédisposition particulière du laotien à l' exécution de la musique et l'attrait qu'exerce sur lui toute réjouissance, on comprend le pourquoi du vieux proverbe lao :
" il habite une maison sur pilotis, il mange le riz gluant et il joue du khêne ; c'est un vrai laotien ".

Le Laos a joué un rôle important dans l'histoire de la musique orientale. Des recherches ont permis d'établir qu'il y a environ 1000 ans, le peuple lao du nom de LAWA, établi aux con-fins du Nord-Laos et de la Birmanie, aurait créé deux instruments le khêne et le gong dont la facture, au pays lao, est restée identique de nos jours. De plus, il semble qu'ils soient les ancêtres d'instruments modernes occidentaux fabriqués des siècles plus tard comme nous allons voir.


L'orchestre classique laotien (Pi Phat), dont la composition est immuable depuis les temps les plus anciens, est constitué de deux jeux de gongs, de deux Kong Thab , d'un rang nat, de deux jeux de cymbales et d'un peï (hautbois).C'est ainsi que se présente l'orchestre royal dans sa définition d'orchestre à percussion. Pour l'exécution de la musique légère, deux So (violons) sont adjoints et parfois un ou plusieurs khênes.
Mais l'orchestre populaire, celui des villages, ne comprend généralement qu'un groupe de khênes, quelques violons So, un khong-vong et un Khoüy (flute). C'est ce type d'orchestre qui anime les fêtes de plein air (bouns) organisées on toute occasion, chaque villageois prêtant spontanément son concours, et c'est cette musique, en particulier le son du khêne, qui est toute l'âme du Laos.

 

* Le KHENE - (n° 38 Yvert )

 

Populaire et national par excellence, partie intégrante du folklore lao, le khêne est l'un des plus anciens instruments de musique. Son principe de fonctionnement, copié par l'Occident 8 siècles plus tard, a donné naissance à l'harmonica, 1' accordéon et l'harmonium, comme lui instruments à anche libre.
Sa fabrication, strictement artisanale, demande un long apprentissage et beaucoup de dextérité. Le laotien considère cet instrument comme un trait d'union entre les génies et les hommes et le facteur de khêne, persuadé de l'existence d'un génie du khêne, observe scrupuleusement les règles imposées, transmises de génération on génération et n' emploie, pour sa fabrication, que des matériaux bien définis.



Tout d'abord, les tiges de bambou sont choisies avec soin, séchées au soleil, puis percées de bout en bout. Il faut en rassembler 7 à 6 paires, d'une longueur variant de 80cm à 2m selon les khênes et le ton choisi, étant précisé que plus un khêne est long, plus son ton est bas.
L'emplacement des trous d'admission et d'expulsion de 1'air est soigneusement marqué puis les languettes en feuilles d'argent ou de cuivre sont placées à l'intérieur de chaque tige. Cette phase de fabrication est la plus délicate puisqu'elle conditionne l'exactitude des notes et, par la même, l'artisan se concilie ou s'aliène les phis (génies). Chaque languette est une anche libre qui n'obture qu'incomplètement le tuyau de bambou, et sa vibration, au passage de l'air, produit le son.


Ensuite s'effectue l'assemblage des bambous, par paires de longueur identique, lesquels, placés dans un ordre de grandeur décroissant, sont introduits dans le corps central (petit réservoir en bois évidé qui porte l'embouchure (particularité du khêne lao, ce corps central ne sert pas de résonateur mais distribue l'air dans les tuyaux et celle-ci est fixée aux différents tubes à l'aide d1une sorte de mastic. Le khêne est alors terminé.
L' exécutant, toujours un homme, l' essaie. Des sons continus et très doux se font entendre. Les doigts du joueur se plient, se tordent, ses joues se gonflent et se creusent alternativement, et la mélopée, rythmée par le souffle et le doigté du musicien, tout d'abord lancinante et nostalgique, change de ton pour devenir une sarabande effrénée exprimant le bonheur de vivre. Le musicien met son âme à nu.
Et le soir, aux côtés d'autres identiques, ce khêne sera présent à la fête de la pleine lune. Comme il a été fabriqué selon les rites établis, les bons phîs rejoindront notre exécutant occupé à accompagner la plus jolie fille du village dans une cour d'amour prometteuse .

* Le KHONG WONG - (n° Av 24 -Yvert )

 

Appelé aussi gong, le khong wong est, après le khêne, le plus ancien des instruments de musique orientale. Il n' est pas spécifique au Laos puisqu'il était également l'instrument de base des orchestres Khmers et, qu'à ce titre, il est immortalisé dans les bas-reliefs d' Angkor Depuis toujours, cet instrument est partie intégrante des orchestres classiques lao, cambodgiens et thaïlandais.
Il se présente sous la forme d'une sorte de fer à cheval circulaire, à armature, de bois et de rotin, dans laquelle sont placés 16 petits gongs, accordés chacun à une note de la gamme, sur lesquels l'exécutant, assis au centre du cercle dans la position dite du lotus frappe à l'aide de deux petits maillets de bois.
Pièce maitresse de 1' orchestre à percussion, cet instrument est, à l'occasion des processions, posé sur un support en bois (sorte de brancard porté par 6 hommes) Le joueur marche en se tenant toujours au centre de l'instrument.

 

 

 

* Le KHONG SEN- Aucun timbre-poste ne lui a été consacré.

Il s'agit d'un tambour de très grande taille, à une ou deux faces en peau tendue recouverte d'une pâte à base de riz. Cet instrument, à sonorité étouffée, est aussi de toutes les processions. Il est alors transporté sur un support.

* Le KONG THAB - ( n°Av 26 Yvert )

Il est appelé aussi grande timbale.Même fonction que les précédents mais à sonorité différente.

* Le RANG NAT ( n°39 Yvert)

 

C'est la version orientale de notre xylophone. Cet instrument est formé de 21 lamelles en bois de fer (may kaniou) de différentes épaisseurs pour accord aux notes de la gamme, qui reposent sur un support concave sculpté on forme de barque faisant office de caisse de résonance. L' exécutant, assis dans la position du lotus, frappe sur les lamelles avec deux maillets en bois dur.

 

* Le S0 - (n° 241 et Av n° 25 Yvert)

Le plus curieux des instruments orientaux de musique, le So semble être l'ancêtre de notre violon.
Il est formé d'un long manche en bois traversant une demi noix de coco. Ses deux cordes sont tendues sur un segment de bambou servant de boite d' harmonie.


* Le KHOUY (n° 37 Yvert)

 


Il s'agit d'une flute droite, en bambou, à 8 trous, appelée parfois, par erreur, pipeau, et qui donne des sonorités très claires.
Cette musique, particulière mais combien profonde, se confond à la douceur du pays lao et incite à la méditation et à la rêverie.

 


*Les 6 cartes maximum illustrant l'article ont été gracieusement
communiquées par notre président Philippe Drillien