L'Abri du Tambour du Vat Xieng Thong

Philao n° 24 par Thao Boun Souk et Philippe Drillien

Photo D.Geay

L'abri du tambour ou Ho Kong est le troisième édifice remarquable du Vat Xieng Thong (1)

Il est situé au fond du jardin du monastère, dans le coin nord, presque en face le sanctuaire. L'abri du tambour est une petite construction moderne d'une rare perfection de forme : toiture simple dans le style de Louang Phrabang, fronton sculpté, richement doré, piliers ronds noirs à décor doré au pochoir.

Vous pouvez consulter d'autres photos plus détaillées sur le site de la " Drum Tower"

Photo D.Geay

 

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Le tambour est du type Kong Phêne ou "tambour de midi". Comme tous les tambours de pagode, il est monoxyle ; c'est une portion de tronc d'arbre, cylindrique, d'environ un mètre de diamètre, évidée intérieurement et pourvue à ses deux extrémités d'une peau de buffle tendue sur laquelle les moines frappent avec un maillet de bois à tête recouverte d'étoffe, pour annoncer l'heure de la prière (3).

Diaporama fort intéressant sur la confection d' un Kong Phêne

Suivant la tradition, les matériaux servant à sa fabrication ainsi que le jour où l'on doit se mettre à le fabriquer doivent être le résultat d'une longue étude par le hora.
Normalement, le tambour servait à annoncer le coup de midi aux habitants du village. Il servait également à rappeler aux villageois certains jours du calendrier lunaire. Ainsi, tous les septièmes, huitièmes, quatorzièmes et quinzièmes jours de la lune croissante et décroissante, il était frappé, accompagné de gong et de cymbale, vers 4 heures de l'après-midi. Dans d'autres circonstances, il permettait d'alerter les villageois sur les événements exceptionnels tels incendie , inondation, pillage et autres calamités,
Si chaque pagode possède son Kong-phêne , ce type de tambour n'est pas le seul rencontré au Laos. Monsieur CHEVREUX avait déjà évoqué le Kong wong, le Kong seng et le Kong Thab (4) II nous reste à parler du Pong (tambour de bois) et du Kong Thong (tambour de bronze (5)

Thao Boun Souk et Philippe DRILLIEN


NOTES DE RENVOI :
(1) cf. Philao n° 16, pages 253 à 256.
(2) cf. le plan du Vat Xieng Thong paru dans Philao n° 16, page 254
(3) Cette scène est visible sur le timbre 208 (Yvert)
(4) cf. Philao 4, page 54
(5) cf. l'article suivant sur les tambours du LAOS. ------>

Les tambours du LAOS.
(Yvert n°208,209 et Av 66)

par Philipe Drillien


Le 30 mars 1970, l'Administration des postes lao émettait une série de trois timbres-poste "tambours". Le tambour de midi ayant déjà été étudié, cet article se limitera au tambour de bronze et au tambour de bois.

Le Kong Thong, ou tambour de bronze, est, comme son nom l'indique fabriqué avec du bronze. Il n'existe que dans les régions montagneuses et sert aux peuples ethniques à célébrer certaines fêtes et les sacrifices aux génies.



Son origine est lointaine puisque , selon une légende chinoise, on le rencontrait déjà sous la dynastie des Han (1) : "Un général chinois, Ma Yuan avait reçu du fils du Ciel la mission de défendre les marches sud de l'Empire, aujourd'hui le Laos, la Birmanie, la Thaïlande et le Tonkin. Mais il ne lui avait pas donné de soldats ; II en avait besoin pour se défendre contre les envahisseurs venus du Nord. Ma Yuan disposa des tambours de bronze dans toutes les cascades des montagnes. Le bruit de l'eau qui tombait sur le métal effrayait les montagnards rebelles qui croyaient entendre les armées innombrables de l'Empereur de Chine. Pendant des années, Ils restèrent sur leurs crêtes jusqu'au jour où, ayant découvert le subterfuge, Ils pillèrent et incendièrent les villages des vallées."
Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de voir au Vat Phra Kéo de Bangkok, au cours d'une cérémonie religieuse à laquelle participaient le Roi et la Reine de Thaïlande, des tambours, vraisemblablement en or, ayant la même forme et les mêmes motifs que les tambours de bronze vendus dans les magasins "d'antiquité" de Thaïlande ou du Laos. Si un lecteur pouvait me donner des renseignements à leur sujet, je lui en serais reconnaissant. ( Article du Musée GUIMET)

Le Pong ou Tambour de bois est l'équivalent de la cloche des cathédrales chrétiennes. Il est façonné dans un tronc d'arbre et sculpté de divers sujets artistiques.
Normalement, il sert à annoncer le lever du jour et également à sonner " l'Angélus" vers 6 h. du soir.
Dans d'autres circonstances, il ne peut être sonné que pour alerter les villageois des événements exceptionnels, comme c'est le cas pour le Kong Phène. Il est gardé pour sa valeur et surtout pour éviter de fausses annonces.




FICHE TECHNIQUE : Date d'émission : 30 mars 1970.
Premier Jour et Enveloppe à Vientiane.


Tirage : 100 000 séries,
Valeurs faciales : 30 k Tambour du midi ~-
55 k Tambour de bronze • 125 k Tambour de bois.
Les trois timbres ont été dessinés par Ky Phungchaleun et gravés
respectivement par Miermont (30 k), Fenneteaux (55 k) et Jumelet (125 k) Impression : taillé-douce (Atelier du Timbre de Périgueux).
(1) Ce paragraphe est extrait du célèbre roman de Jean Lartéguy " les tambours de bronze".